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$port business ou sport pour tous ?

Le 36e congrès du PCF a été l'occasion de voir émerger des contributions remarquables traversant tout le domaine du champ politique. Prenons l'exemple du sport, avec une contribution rédigée par le responsable de sa commission, Nicolas Bonnet, et intitulée « Le Pari du sport ! ». Ce texte rappelle que pour plusieurs millions de Français, les activités physiques et sportives représentent une voie d'émancipation au cœur d'enjeux politiques, culturels, sociaux, économiques, voire écologiques avec le développement des activités de pleine nature. Notons que cette émancipation de l'homme par lui-même (mais inséré dans une collectivité humaine) n'est possible que si le champ du sport n'est pas réduit à ses seules composantes hygiéniste et ludique, qui occultent ses aspects les plus techniques.

 

L'auteur de cette contribution a raison de souligner que le mouvement sportif a toujours été marqué par des idéologies et n'a pas échappé, au cours des dernières décennies, à la marchandisation et au mythe de la performance libérales. Un certain nombre de décisions politiques prises par les gouvernements de droite ont directement contribué à cette évolution vers le « sport business » : défiscalisation des sportifs les plus riches, soutien aux clubs professionnels pour accroître leur rentabilité financière au détriment des clubs et des installations sportives de proximité vieillissantes, subventions publiques accordées aux opérateurs privés pour l'Euro 2016, loi sur les paris sportifs en ligne de 2010, ... Ces orientations s'accompagnent bien évidemment d'un recul des services publics : baisse du budget du ministère des sports, diminution des effectifs (de l'EPS notamment) résultant de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), délégation des pouvoirs de l'État aux fédérations sportives.... Elles entraînent aussi un éclatement du mouvement sportif (sports professionnel et amateur) ainsi qu'une baisse de la pratique et de l'engagement bénévole dans les associations sportives, déjà érodés par l'impact de la crise économique.

 

Face au défi que représente l'émancipation humaine par le sport dans un climat de démission de l'État et des collectivités territoriales, au-delà des bonnes intentions annoncées, les signaux réels envoyés par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault sont-ils porteurs d'espoir ? Avec un budget du ministère des sports en baisse de 6 à 9% en 2013 (égal à 232 millions d'euros, soit 0,14% du budget total de l'État) et le gel des subventions de l'État et d'une partie des aides du CNDS (Centre National pour le Développement du Sport) aux collectivités territoriales (pour l'essentiel en charge du sport pour tous*), les associations sportives locales se retrouvent une nouvelle fois désemparées. Seule une nouvelle loi cadre pour le sport affirmant que la pratique de tous les sports est un droit pour tous y compris au plus haut niveau (à condition de se donner les moyens d'empêcher ses dérives grâce à des politiques publiques) marquerait un tournant dans l'histoire du mouvement sportif de notre pays.

 

* Le montant consacré au sport pour tous représente 8,2 millions d'euros quand celui du sport de haut niveau atteint 173,8 millions d'euros.

 

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